Ecoles et enseignement en Crimée

Le système éducatif de la péninsule a été aligné sur celui de la Russie à partir de la rentrée de septembre 2014, en rupture avec les programmes ukrainiens appliqués jusque là. Ce basculement soulève des questions durables de reconnaissance des études et d'accès à l'enseignement dans les langues de la péninsule.

Organisation scolaire

Les écoles suivent les programmes, les manuels et le calendrier russes, avec un enseignement obligatoire de onze années et des examens d'Etat russes en fin de scolarité. Le russe est la langue d'enseignement de la quasi totalité des élèves, situation qui prolonge un usage déjà largement majoritaire avant 2014. Les cours d'histoire et d'éducation civique ont été refondus autour du récit officiel russe, et des activités patriotiques ont été introduites dans la vie scolaire.

Université fédérale de Crimée

L'université fédérale de Crimée Vernadski a été créée en 2014 par le regroupement de l'ancienne université nationale de Tauride et de plusieurs établissements de la péninsule. Elle rassemble une trentaine de milliers d'étudiants répartis entre des instituts et des antennes locales. L'université nationale de Tauride, qui refusait ce transfert, a été relocalisée à Kiev. L'établissement criméen figure sur les listes de sanctions européennes et américaines.

Reconnaissance internationale des diplômes

Les diplômes délivrés en Crimée depuis 2014 relèvent du droit russe et ne sont pas reconnus par l'Ukraine, qui considère les établissements comme fonctionnant illégalement. Les universités et les employeurs de l'Union européenne les acceptent rarement, la question de la validité juridique de ces titres restant entière. Les étudiants concernés se trouvent donc limités au marché du travail russe.

Recul de l'enseignement en ukrainien

Le nombre d'élèves scolarisés en ukrainien s'est effondré après 2014. Des organisations de défense des droits humains ont recensé un passage d'environ treize mille six cents élèves en 2013 à quelques centaines en 2016. La Cour internationale de justice a ordonné en 2017 à la Russie de garantir la disponibilité d'un enseignement en ukrainien dans la péninsule.

Enseignement en tatar de Crimée

Le tatar de Crimée figure parmi les langues officielles reconnues par la réglementation locale, mais il n'est enseigné comme langue d'instruction que dans une quinzaine d'établissements. Les familles signalent des difficultés à obtenir l'ouverture de classes, et l'Unesco a classé cette langue parmi les langues en danger.