Les formalités d'entrée en Crimée relèvent de deux ordres juridiques opposés. L'Ukraine, dont la péninsule fait partie selon le droit international, fixe des règles d'accès que les autorités russes ne reconnaissent pas, tandis que ces dernières appliquent sur place la réglementation russe. Un voyageur étranger se trouve donc dans une situation où le respect d'une règle entraîne la violation de l'autre.
Le droit ukrainien impose une entrée par un point de passage placé sous contrôle ukrainien, après obtention d'une autorisation auprès du service national des migrations. Cette procédure suppose un motif reconnu, comme une visite familiale, une mission humanitaire ou un travail journalistique. Depuis la fermeture des points de passage en février 2022, cette voie n'existe plus dans les faits.
Une arrivée par le pont de Kertch, par les territoires occupés ou par voie maritime constitue une entrée illégale sur le territoire ukrainien au regard du droit de Kiev. Les personnes concernées s'exposent à une amende, à une interdiction d'entrée en Ukraine et, selon les circonstances, à des poursuites pénales.
Les autorités de fait appliquent le régime russe des visas et contrôlent l'accès à la péninsule comme s'il s'agissait du territoire russe. Un ressortissant français, belge, suisse ou canadien doit donc détenir un visa russe en cours de validité pour franchir le pont de Kertch. La possession de ce document ne régularise en rien sa situation au regard du droit ukrainien.
Le ministère français des affaires étrangères recommande de ne pas se rendre en Crimée sauf raison impérative et rappelle que l'entrée par la Russie expose à des sanctions pénales en Ukraine. Les autorités suisses déconseillent les voyages en Ukraine et les séjours de toute nature. Le gouvernement canadien recommande d'éviter tout voyage dans le pays et souligne que la péninsule est occupée illégalement. Les services belges tiennent une position comparable.
Aucun État occidental ne dispose de représentation en Crimée. L'ambassade de France à Kiev indique qu'elle ne peut porter assistance aux Français présents dans la péninsule, et les ambassades occidentales à Moscou ne sont accréditées que pour la Russie. Un voyageur hospitalisé ou arrêté ne peut donc compter sur aucune aide consulaire.
Les contrats d'assurance de voyage et d'assistance rapatriement excluent en règle générale les zones de guerre. Les sanctions internationales adoptées depuis 2014 coupent par ailleurs la péninsule des réseaux financiers occidentaux. Les cartes Visa et Mastercard émises hors de Russie n'y fonctionnent ni dans les distributeurs ni chez les commerçants, si bien que les dépenses se règlent en espèces ou par une carte du système russe Mir.