La Crimée ne dispose plus d'aucune liaison aérienne commerciale depuis février 2022. La péninsule compte un seul aéroport civil d'importance, celui de Simferopol, fermé au trafic de passagers depuis le début de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine. Cette fermeture, qui s'ajoute au statut contesté du territoire, met la voie aérienne hors d'atteinte pour les visiteurs, quelle que soit leur nationalité.
L'aéroport de Simferopol, installé aux abords de la capitale administrative de la péninsule, sert de porte d'entrée principale depuis la période soviétique. Un nouveau terminal, dont la façade ondulée évoque une vague, est entré en service en avril 2018 avec une capacité annoncée d'environ six millions de passagers par an. Le trafic avait fortement progressé après 2014, passant d'environ 1,2 million de passagers en 2013 à plus de cinq millions les années suivantes, jusqu'à un maximum proche de 6,8 millions en 2021.
Le 24 février 2022, l'agence fédérale russe du transport aérien a suspendu les vols vers une série d'aéroports du sud de la Russie et de la péninsule, dont celui de Simferopol. Cette restriction, présentée à l'origine comme temporaire, a été reconduite sans interruption depuis. Aucun vol régulier de passagers n'a desservi la Crimée depuis cette date, et l'espace aérien reste fermé au trafic civil en raison des opérations militaires.
Entre 2014 et 2022, Simferopol n'était relié qu'à des villes de la Fédération de Russie, au premier rang desquelles Moscou et Saint-Pétersbourg, par des compagnies russes. Les transporteurs ukrainiens avaient cessé leurs vols au printemps 2014 et les liaisons internationales avaient disparu, l'aéroport tombant sous le coup des sanctions occidentales.
Avant 2014, les voyageurs venus d'Europe occidentale rejoignaient le plus souvent Simferopol par une correspondance à Kiev, elle-même desservie depuis les principales capitales européennes. D'autres arrivaient par les aéroports ukrainiens d'Odessa ou de Kharkiv, puis poursuivaient leur route en train ou en autocar. Des vols charters saisonniers reliaient également Simferopol à plusieurs villes d'Europe centrale et orientale ainsi qu'à la Turquie pendant la saison balnéaire. L'aérodrome de Belbek, près de Sébastopol, à vocation militaire, n'a jamais joué de rôle notable dans le trafic touristique.
Les personnes qui se rendent aujourd'hui dans la péninsule y arrivent par la route ou par le rail depuis la Russie, après un vol vers une ville russe située hors de la zone de restriction, puis un long trajet terrestre. Les autorités russes évoquent régulièrement une réouverture de Simferopol, sans calendrier confirmé à ce jour. Les ministères des affaires étrangères français, belge, suisse et canadien déconseillent pour leur part les voyages en Ukraine et invitent leurs ressortissants à ne pas se rendre en Crimée.