La Crimée réunit sur un territoire réduit des vestiges grecs, des palais impériaux, des forteresses médiévales et des montagnes qui tombent sur la mer. Ces sites reçoivent aujourd'hui une clientèle presque exclusivement russe. Leur accès dépend de la situation militaire.
Fondée par des colons grecs doriens au cinquième siècle avant notre ère, la cité de Chersonèse s'étend en bord de mer aux portes de Sébastopol. Ses rues antiques, sa basilique à colonnes et son théâtre en font le principal site archéologique de Crimée. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2013 au titre de l'Ukraine, l'ensemble figure depuis 2026 sur la liste du patrimoine en péril. Un vaste parc muséal a été construit près des ruines par les autorités russes, projet contesté par Kiev.
Le palais de Livadia, achevé en 1911 pour Nicolas II sur les plans de Nikolaï Krasnov, a accueilli en février 1945 la conférence de Yalta. Le palais Vorontsov d'Aloupka, élevé entre 1828 et 1848 d'après les dessins d'Edward Blore, mêle gothique britannique et décor mauresque. Le Nid d'Hirondelle, petit château néogothique bâti en 1912 sur une falaise du cap Ai-Todor, est l'image la plus reproduite de la péninsule.
Le palais des khans de Bakhtchissaraï, résidence des souverains de Crimée du seizième au dix-huitième siècle, conserve ses cours, sa mosquée et la fontaine des larmes chantée par Pouchkine. Les restaurations menées depuis 2017 par les autorités russes ont été vivement critiquées par les spécialistes ukrainiens et par l'UNESCO. À quelques kilomètres, la ville troglodyte de Tchoufout-Kalé occupe un plateau rocheux, avec ses salles creusées dans le calcaire et son cimetière karaïte.
Bâtie par les Génois entre 1371 et 1469, la forteresse de Soudak déploie ses murailles et ses tours au-dessus de la mer. Elle compte parmi les monuments médiévaux les mieux conservés du littoral.
Kertch occupe l'emplacement de l'antique Panticapée, capitale du royaume du Bosphore. Le mont Mithridate, que gravit un grand escalier, domine la ville et l'acropole. Le kourgane royal, tombeau du quatrième siècle avant notre ère, se distingue par son long couloir d'accès et sa voûte en encorbellement.
Le jardin botanique Nikitski, créé en 1812 près de Yalta, rassemble des collections de plantes méditerranéennes sur des parcs en terrasses. La réserve voisine du cap Martian protège l'une des dernières forêts de pins et de genévriers du littoral. Le massif de Karadag, ancien volcan tombé dans la mer, abrite une réserve naturelle et l'arche des Portes d'or. Koktebel, station où vécut le poète Maximilien Volochine, sert de point de départ vers ce massif.
Le sommet d'Ai-Petri culmine à 1234 mètres au-dessus de Yalta et se reconnaît à sa crête dentelée. Un téléphérique parti de Miskhor le relie au littoral et un plateau d'alpage occupe son sommet. La route en lacets qui y monte se ferme en cas de neige.
La cave de Massandra, fondée en 1894 près de Yalta à l'initiative du prince Lev Golitsyne, conserve une collection d'environ un million de bouteilles. À Novy Svet, le même Golitsyne avait créé dès 1878 une production de vins effervescents, avec trois kilomètres de caves creusées dans la roche. Les deux domaines proposent des visites et des dégustations.
La plupart de ces lieux restent ouverts, mais leur accès peut être suspendu sans préavis lors des alertes aériennes. Les abords de Sébastopol, port militaire, et certains secteurs du littoral font l'objet de restrictions permanentes. Les billets se règlent en roubles.