Secteurs d'activité en Crimée

L'économie de la péninsule repose sur un petit nombre de secteurs hérités des périodes soviétique et ukrainienne, auxquels se sont ajoutés les chantiers lancés par la Russie après 2014. Les données disponibles émanent des administrations russes et restent invérifiables.

Tourisme et stations balnéaires

Le tourisme constitue la vitrine économique de la Crimée, avec les stations de la côte sud autour de Yalta, les plages d'Evpatoria et un parc de sanatoriums hérité de l'époque soviétique. La clientèle est presque entièrement russe depuis 2014. Les autorités russes de la péninsule ont annoncé un recul des réservations de 72 pour cent en juillet 2026 et de 68 pour cent en août.

Agriculture et viticulture

Les steppes du nord produisent des céréales et du tournesol, tandis que les vergers et la vigne occupent les vallées et le littoral. Le vignoble couvre de l'ordre de vingt mille hectares. Les maisons les plus connues, Massandra et Novy Svet, ont été transférées à des propriétaires russes autour de 2020, une opération que l'Ukraine considère comme une spoliation.

Eau d'irrigation et canal de Crimée du Nord

Achevé en 1971, le canal de Crimée du Nord amenait l'eau du Dniepr et irriguait environ quatre cent mille hectares. L'Ukraine en a interrompu l'alimentation en 2014, ce qui a fait disparaître la riziculture. Les forces russes l'ont remis en service en 2022, puis la destruction du barrage de Kakhovka en juin 2023 a privé l'ouvrage de sa source.

Industrie chimique du nord de la péninsule

Armiansk et Krasnoperekopsk abritent les principales usines chimiques, dont un producteur de dioxyde de titane et des unités qui exploitent les saumures du Sivach. Ces sites ont connu un grave incident de pollution en 2018 et souffrent depuis du manque d'eau.

Chantiers navals de Kertch

Le chantier Zaliv, l'un des plus vastes de la mer Noire, construit des navires civils et militaires. Il figure sur les listes de sanctions occidentales et a été visé par des frappes depuis 2023.

Construction et grands travaux

La commande publique a soutenu le bâtiment pendant une décennie, avec le pont du détroit de Kertch, la route Tavrida et une nouvelle aérogare à Simferopol. Ce cycle d'investissement s'est nettement ralenti depuis 2022.

Ports et pêche

Les ports de Sébastopol, Kertch et Evpatoria sont visés par les sanctions et fermés au trafic international régulier. La pêche, tournée vers le sprat et l'anchois, se heurte aux restrictions de navigation liées à la guerre.

Energie et production électrique

Après la coupure des livraisons ukrainiennes en 2015, la Russie a posé des câbles sous le détroit, puis mis en service en 2018 deux centrales à gaz, près de Sébastopol et de Simferopol, complétées par une unité à Saki. Ces installations sont devenues des cibles.